[insérer ici une quelconque onomatopée]


Le blog de Tristram Shandy

28 juin 2007

Allumage automatique

Ce soir, entendu un petit échange verbal qui m'a inspiré quelques réflexions, typiques de mon rapport ambigu au féminisme.

A ma droite, Monsieur Machiste déclare: «Toutes les filles sont des allumeuses». A ma gauche, Madame Féministe répond: «Ce n'est pas elles qui sont des allumeuses, ce sont les mecs qui sont des porcs.» Je retranscris ces propos de mémoire, toutes mes excuses à leurs auteurs en cas de simplification abusive de ma part :-)

Ces deux opinions, très répandues, partagent en fait le même défaut: l'une comme l'autre considèrent le fait d' "allumer" un membre de la gent masculine comme quelque chose de critiquable, de honteux.

Monsieur Machiste insinue que si les demoiselles sont des allumeuses, ce sont donc de "mauvaises filles", des manipulatrices malveillantes, et en tout état de cause des personnes indignes d'être comparées à sa Maman, qui, elle, ne ce serait jamais permis des choses pareilles.

Madame Féministe quant à elle nie que le genre auquel elle appartient puisse être intrinsèquement voué à quelque chose d'aussi moralement répréhensible que de se servir cyniquement de son pouvoir de séduction, et en conclue que la libido délirante du sexe opposé est forcément responsable de cette hallucination collective.

Et si on essayait de prendre un peu de recul ?

Une allumeuse est, rappellons-le, une femme qui fait les yeux doux à un homme dans le but d'obtenir des faveurs de sa part (pas forcément quelque chose de matériel, ce peut simplement être sa sympathie), et qui, une fois les faveurs obtenues et que l'homme vient réclamer ce qu'il pense être son dû (un rapport sexuel), lui rétorque: «Oui mais non, n'allons pas plus loin, je n'ai pas signé pour ça».

Et j'ai des difficultés à voir ce qu'il y a de mal à ça. Dans notre société, le fait d'utiliser avec succès ses talents pour arriver à ses fins est plutôt quelque chose de valorisé. De nombreux projets nécessitent de négocier, de convaincre, et pour cela il faut faire preuve d'intelligence et de diverses techniques de persuasion, qui peuvent inclure la séduction.

Loin d'accabler les allumeuses, je pense au contraire qu'elles devraient être fières de ce qu'elles sont, et le revendiquer.

On me dira: oui, mais c'est de la tromperie. Outre le fait que l'on est rarement d'une honnêteté absolue lorsque l'on cherche, par exemple, à convaincre son banquier de nous accorder un prêt, je répondrai qu'il ne peut y avoir de tromperie lorsque les termes du contrat ne sont pas clairement établis. L'allumeuse n'a jamais promis qu'elle se livrerait corps et âme, on ne peut pas lui reprocher de ne pas le faire.

Et après tout, si les hommes sont suffisamment stupides pour se laisser prendre à ce petit jeu, c'est bien fait pour eux, et les femmes auraient bien tort de ne pas en profiter. Qu'est-ce qui les empêcherait de profiter au maximum des "yeux doux" qui leur sont si généreusement offerts, puis, lorsque les "faveurs" leur sont réclamées, de leur rétorquer: «Oui mais non, n'allons pas plus loin, je n'ai pas signé pour ça» ? Les allumeuses en seraient bien dépitées...



13 juin 2007

Brèves musicales

Les White Stripes à moitié géniaux

La place du concert de lundi soir était chère, mais on en a eu pour notre argent. Zénith plein à craquer, avec tout plein de peoples, l'omniprésent Didier Wampas est devant moi dans la file d'attente.
Tout évoque le "retour aux sources". La simplicité de la mise en scène tranche avec la sophistication des années précédentes: Jack et Meg sont habillés d'un t-shirt et un pantalon rouge unis, comme à leurs débuts, il n'y a aucun décor hormis une toile rouge au fond de la scène. Ils entrent tout de suite dans le vif du sujet, avec un When I hear my name d'une brutalité étonnante, puis le reste est à l'avenant: set-list épurée, avec très peu de morceaux du nouvel album -ni d'ailleurs du précédent-, les titres les plus simples et directs sont privilégiés (pas de Union forever ni de Offend in every way, à mon grand regret, aucun de leurs morceaux plus expérimentaux), une version à couper le souffle de I think I smell a rat, et même un medley particulièrement efficace.
Il y a une très bonne ambiance dans le public, tout le monde dans la salle comme sur scène a l'air très heureux d'être là, du coup Jack est moins froid qu'à l'accoutumée. Meg est justement acclamée, ce qui fait plaisir vu à quel point elle était critiquée au début. A la sortie les gens ont un grand sourire sur le visage, ils se souviendront longtemps d'un putain de bon concert par un putain de bon groupe.

Bon, il y a quand même un hic dans tout ça: le nouvel album. Ce n'est pas qu'il soit vraiment mauvais, les White Stripes ne sont jamais mauvais. Mais... disons qu'il ressemble à une compilation de faces B. Quelques morceaux sont bien sympathiques, mais pas non plus transcendants. Les autres, entre country-rock FM, musique mariachi et envolées celtiques, sont anecdotiques. En fait seul le morceau-titre, Icky Thump, dont j'ai dit ici tout le bien que j'en pensais, tire son épingle du jeu. Surtout, le gros problème est qu'il manque cruellement de cohérence, passant tout le temps du coq à l'âne, alors qu'un des points forts des White Stripes était justement l'obsession de Jack White de réaliser des albums conceptuels où tout tenait d'un seul bloc.

Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que cet album se vendra mieux que le précédent. Déprimant...

Le carton de Justice

Ce groupe "néo-french touch" est depuis plus de six mois porté par une hype hallucinante, alors que leur album ne sortait que lundi; le morceau Let there be light par exemple avait été déjà été diffusé par le magazine Trax à l'automne dernier. Ce pourrait être à double-tranchant: trop d'attente, c'est le risque que le public se lasse avant le moment opportun, et aussi qu'il soit déçu par ce qui se cache derrière toute cette agitation. Et en l'occurence, Justice est loin d'être aussi bon que les Daft Punk auxquels ils ont été trop souvent comparés: leur album est très formaté, pas bien original, et souffre de pas mal de longueurs. Oui mais voila, il contient aussi deux bijoux: le déjà tube interplanétaire D.A.N.C.E, et le fameux Let there be light.

D.A.N.C.E:

Mademoiselle K pisse debout
(c'est pas moi qui le dit, c'est elle)

L'autre concert de la semaine, c'était donc Mademoiselle K à l'Elysée Montmartre. Et ça commence mal: il y a des panneaux partout pour signaler l'interdiction de fumer. Bon, jusqu'ici, tout est normal (quoique... pour les salles de concerts, la loi n'est pas encore entrée en vigueur). Oui mais... ici les gens respectent l'interdiction. Je regarde partout autour de moi, pas de fumée, par terre, pas de mégots. Pourtant ils boivent de la bière, sachant qu'il est impossible pour un fumeur de boire sans fumer, seraient-ils donc tous non-fumeurs ? Flippant... Je finis par trouver quelques clopeurs qui se terrent comme des bêtes traquées, on s'échange des regards complices.

Il faut pourtant dire que je suis habitué à ce genre d'ambiances avec cette salle de merde qu'est l'Elysée Montmartre. A l'Elysée Montmartre, quel que soit le groupe sur scène, le public est toujours identique (c'est d'ailleurs le même que celui qui fréquente les festivals): des veaux dociles et conformistes, trop vieux, trop mous, trop statiques, souvent chauves et barbus, habillés avec des sacs de patates, qui mettent des boules quiès malgré un niveau de son très raisonnable, le genre à regarder les films de Ken Loach et Michael Moore sans être capables de comprendre la portée révolutionnaire de Human Traffic ou Mauvaises fréquentations [Message personnel: Lou Doillon, je t'aime]. Bref, des étudiants banlieusards avec un Q.I. de nouille froide, qui dans vingt ans seront comptables ou responsables clientèle chez Carrefour, se faisant chier à mourir devant TF1 pour oublier leur mari/femme décrépi(e), leur voiture, leur pavillon, leurs adolescents rebelles et leur chien incontinent.

Puis ça continue mal: le groupe de première partie est vraiment très mauvais, une sorte de groupe de rock progressif avec un chanteur-batteur mégalo qui a la voix de Joe Cocker. Ce qui est stupéfiant, c'est qu'ils vont partager la scène avec Nelson lors du prochain festival Loaded. Qu'est-ce qui a pris à mes chouchous de Nelson de s'associer avec ces soupiers ? Bien entendu, le public adore, et les acclame.

Durant toute la durée du concert, les mollusques mollusquifient, leur seule activité cérébrale se manifestant par le fait de battre des mains aux moments les plus inopportuns comme s'ils étaient à un concert de Patrick Bruel (et de plus à contre-temps). On ne peut pourtant pas reprocher à Mademoiselle K cette situation: elle a été absolument parfaite. Je la savais déjà déjantée, drôle, provocante, adepte de commentaires sociaux qui tapent justes, classieusement vulgaire, et délicieusement kawaii comme si elle avait été inventée par un mangaka fou; je l'ai découvert capable d'une poésie dadaïste à la Brigitte Fontaine et de dérapages psyché-bruitistes dignes de Sonic Youth.

C'est triste de voir une artiste talentueuse endurer un public qui ne la mérite pas...

A ce point de sa carrière, il ne reste plus qu'une chose à faire pour Mademoiselle K: remplacer les gauchoréacs seine-et-marnais de l'Elysée Montmartre par les adolescentes qui écoutent Franz Ferdinand, histoire d'injecter un peu de vie dans cette histoire. Pour les draguer, elle a plusieurs solutions: insulter son public lors des concerts, faire une reprise doo-wop de Helter-Skelter ou une version trash-metal de ses tubes, composer une chanson en l'honneur de sa consommation de cocaïne, poser nue dans Play-Boy, épouser Pete Doherty.

Ou tout ça à la fois.

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16 avril 2007

La Plus Longue Note De L'Histoire De Ce Blog

Dans quelques jours, le suspense sera enfin terminé. Oh, tout ne sera pas joué, il peut y avoir une surprise au second tour aussi. Mais le vrai suspense, celui qui préoccupe tout le monde depuis des mois, reste le nom du, ou de la, challenger de Nicolas Sarkozy.

Celui-ci a réussi un exploit la semaine dernière: se faire traiter de nazi par Philippe De Villiers, ce qui est quand même un comble. Bon, je déforme un peu: suite aux déclarations de Sarko sur les origines génétiques de la pédophilie, de l'homosexualité et, ce qui me semble encore plus grave, du suicide, P2V a déclaré: «Il y a quelque chose qui conduit tout droit à une société que je ne veux pas, celle de l'eugénisme.» C'est bien sûr le catholique qui parle, ainsi que le fils de résistant. Reste que se faire déborder sur sa gauche par ce que la politique française compte de plus réactionnaire était encore inédit pour l'ancien ministre de l'intérieur.

A ce propos, je n'avais jamais compris pourquoi De Villiers était considéré comme plus "républicain" ou moins "facho" que Le Pen, alors que le contraire me semblait évident. Sans doute parce qu'il nous a (pour le moment) épargné les dérapages antisémites de Jean-Marie, mais ce genre de logique est trop subtile pour moi. Et bien maintenant, je le sais: malgré sa folie nationaliste et son obsession de la pureté de la civilisation française/occidentale/catholique, M. De Villiers est doté d'un minimum de valeurs morales et de respect de la dignité humaine.

Dans la même rubrique "Qui est facho, qui ne l'est pas", le débat fait rage en ce moment pour déterminer si Nicolas Sarkozy peut oui ou non être qualifié de semblable à Jean-Marie Le Pen. Un certains nombre d'esprits bien intentionnés font savoir ici et là que, non, Sarko n'est (quand même) pas fasciste, puisqu'il n'est pas antisémite, n'est (même pas) raciste, et que d'ailleurs il est lui-même fils d'immigré. Et bien, je n'ai jamais entendu pareilles sotises. Certes, il n'est en aucun cas antisémite, et très certainement pas raciste non plus. Et alors ? Benito Mussolini non plus n'était, ni raciste, ni antisémite, même s'il a laissé vers la fin sa politique sur ces sujets être influencée par Hitler pour s'attirer ses bonnes grâces. Pourtant on peut difficilement faire plus "fasciste" que lui...

Il faut donc rappeller que le seul critère permettant de définir l'extrême-droite est le non-respect des libertés publiques et des valeurs des droits de l'homme, et qu'en ce sens, un homme qui se permet de poser comme base philosophique l'origine génétique de la criminalité, avec toutes les dérives possibles que cela implique, est sans conteste un gros facho. Il existe d'ailleurs un moyen imparable de reconnaître les "bruns": lorsque l'Eglise catholique se désolidarise d'un des représentants de la droite conservatrice, c'est la preuve qu'il a franchi la ligne. C'est précisément ce qui arrive au petit Nicolas, qui a été officiellement condamné par l'archevêque de Paris, André Vingt-Trois.

De l'autre côté de la barrière, Ségolène Royal est certes moins inquiétante, mais on ne peut pas dire qu'elle soit la candidate idéale des amoureux de la liberté. Mon combat contre elle date d'il y a longtemps. Il avait commencé comme ça:

Oh Ségolène
Je voulais faire un article sur ma chère Ségolène. Alors à la base je voulais parler de toute sa carrière politique, mettre des extraits de ses discours, enfin faire un truc bien quoi, sans trop insister sur le sujet qui fache. J'ai donc fait des recherches sur Altavista, et en fait, nan, ya pas moyen, oublions la politique, on va parler de cul. Et je vais même laisser les autres en parler à ma place, je me sens pas capable de faire aussi bien. Alors, pour tout connaitre de l'affaire des publicités Sloggi, cliquez ici. Pour connaître l'avis d'une amie de Ségolène sur l'affaire du string à l'école, c'est plutôt ici. Et pour connaître mon opinion, lisez plutôt celle de Régine Desforges dans l'Huma, et c'est là que ça se passe.
Il faut noter que cette ex-ministre affiche une constance remarquable dans ses préoccupations: se scandaliser deux fois pour une histoire de ficelle dans deux affaires n'ayant rien à voir entre elles, cela démontre de la suite dans les idées (surtout que la pub n'a jamais relevé de sa "juridiction" de ministre, elle agissait en tant que simple citoyenne). Moi à sa place je me demanderais ce que ça cache. Et bien evidemment, durant les deux ans où elle a été ministre de la famille, toute occupée qu'elle était à faire la chaperonne pour des lycéennes moins niaises qu'elle, elle n'a pas trouvé le temps d'ébaucher le moindre projet de loi concernant un truc sérieux genre, euh, attendez, par exemple: la violence domestique ? Parce que, bon, le camarade de classe il a pas le droit de reluquer, mais le père, lui, il a tous les droits, c'est bien connu.

Les dérapages de Ségolène sur la "morale sexuelle" sont d'ailleurs nombreux. On se souvient qu'elle avait déclaré que lorsqu'une femme s'habille de manière "provocante", elle ne devrait pas s'étonner de se faire agresser... On peut alors être surpris que des féministes soutiennent cette candidate, ce raisonnement, qui consiste à reporter la charge de la culpabilité d'une agression sur la victime plutôt que sur l'agresseur, étant digne des pires macho-réacs à peupler les cafés du commerce de ce pays.

Mais les racines de cet engagement remontaient beaucoup plus loin...

Si je devais avoir une seule raison de ne pas voter pour Ségolène Royal, ce serait celle-ci: qui se souvient de son lobbying anti-dessins animés japonais du début des années 90 ? C'était la grande époque du Club Dorothée, et le débat de la violence des séries qui y étaient diffusées, et de leur supposée influence néfaste sur les fragiles têtes blondes que nous étions, enflammait les médias. A l'époque j'avais 13 ans, j'étais un inconditionnel des Chevaliers du Zodiaque et de Ken le survivant, et lorsque j'entendais ces femmes qui appellaient à l'interdiction de ces abominations responsables de toutes les horreurs du monde, je pensais qu'il s'agissait de militantes d'associations d'extrême-droite. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, des années plus tard, qu'il s'agissait en fait de responsables du Parti Socialiste ! (Ségolène Royal donc, mais aussi Catherine Tasca) Un avant-goût en quelques sortes de l'affaire du string et des camps militaires... Cela fait maintenant 15 ans que cette femme mène, au nom de la politique de la mère de famille, une guerre sans merci à la jeunesse de notre pays. Il est plus que temps que ça cesse.

Alors que la Madonne menaçait de se présenter à l'investiture présidentielle de son parti, j'ai découvert que je n'était pas seul. Un journaliste, déjà auteur d'un formidable site sur la laïcité, avait décidé d'ouvrir un blog anti-Ségo dont le nom pastichait celui de son, désormais célèbre, "Désirs d'avenir", avant même l'ouverture de ce dernier. Ses craintes et ses coups de gueule rejoignent souvent les miennes, et je dois avouer que je n'aurais pas fait aussi bien.

Est alors venu le temps des vidéos... Celle de Bourdieu a été très critiquée, elle est pourtant révélatrice: son analyse date d'une époque où personne ne songeait que Royal pourrait se présenter à l'élection présidentielle, elle ne peut donc pas être suspectée de "coup" politicien. La deuxième vidéo, elle, est un lapsus révélateur de François Hollande...

Alors, le 22 avril... faites le bon choix...

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14 avril 2007

Which religion is the right one for you ?

You scored as Satanism.

Vos croyances religieuses se rapprochent le plus du Satanisme ! Avant de crier, faites un peu de recherches sur le sujet, ne pensez pas immédiatement au stéréotype du culte satanique. Un Sataniste ne croit pas forcément en Satan. Le Satanisme insiste sur le développement spirituel plutôt que la soumission à une divinité ou à un code moral.
Vos croyances ressemblent également à celles des religions basées sur le culte de la Nature comme par exemple le Paganisme.



Satanisme



 
79%

Athéisme



 
75%

Paganisme



 
58%

Islam



 
54%

Bouddhisme



 
54%

Judaïsme



 
50%

Agnosticisme



 
42%

Christianisme



 
25%

Hindouïsme



 
25%

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