[insérer ici une quelconque onomatopée]

Une fois de plus, un être humain à la logique aussi tristement binaire que celle de George W. Bush (le bien / le mal) a essayé de déterminer si, oui ou non, j'étais un gentil féministe digne de monter au Paradis ou bien un salaud de gros macho mysogyne voué aux flammes de l'Enfffer.

C'était une fois de trop. Alors, mettons les choses au clair.

Il se trouve que durant des années, j'ai eu la faiblesse de penser que ce qui emprisonnait l'être humain en général, et les femmes en particulier, était la morale, et notamment la morale religieuse (mais pas seulement: je préssentais déjà que certains athées n'avaient rien à envier à Torquemada). Durant toutes ces années je me suis considéré comme un sympathisant de la cause féministe, d'autant plus que je soutenais bon nombre de leurs revendications.

Et puis un jour j'ai rencontré des féministes. Ca peut sembler étrange, mais le fait est que dans la vraie vie, ces créatures là ne courent pas les rues. Et j'ai alors dû me rendre à l'évidence: en fait, ce qui emprisonnait les femmes, c'était... le système social de la domination masculine, par le biais de la transformation de la femme d'être humain en femme-objet.

Etais-je donc bête ! Moi qui naïvement croyait que l'ennemi, c'était le curé (et Ségolène Royal), comment avais-je pû ignorer que l'ennemi c'était tout simplement... moi. Oui, moi qui pense que les nanas sont quand même bien plus bandantes en mini-jupe qu'en pantalon, qu'il est urgent de légaliser les maisons-closes, voire d'installer dans les rues des vitrines comme à Amsterdam, et que le seul moyen décent d'arriver à l'égalité entre les sexes, c'est que les hommes, eux aussi, apprennent à être des hommes-objets (vous devriez essayer mesdemoiselles, avec les mains et les pieds liés et un chiffon dans la bouche, c'est comme un godemiché, mais en plus tendre et plus chaud).

Alors, pourquoi devrais-je me reconnaître dans une philosophie qui me considère comme la cible à abattre ? La conclusion est simple:

-l'avortement et la contraception, l'égalité des droits dans la société, l'égalité des postes et des salaires dans l'entreprise, une conception égalitaire du couple (les taches ménagères et l'éducation des enfants...), une présidente de la République (tant que ce n'est pas Ségolène), voire d'une manière générale la féminisation de la société, oui, je suis pour, à 100 %.

-la parité, je ne suis pas vraiment pour, mais pas contre non plus, c'est un moindre mal.

-mais la société idéale féministe... non, merci, ce sera sans moi. A choisir, finalement, je crois que je préfère encore les salauds de gros machos mysogynes.

Commentaires

Mmmmmmm....

Je suis un gros macho mysogyne au secours! Yeah!

Posté par edhelwen, 21 septembre 2007 à 17:19

Edhelwen > Ah non, quand on est une fille on appelle ça "un esprit faible inconscient de sa collaboration passive à sa propre domination qu'il faut libérer contre son gré" (en langage féministe), "une salope" (en langage macho mysogyne) ou simplement "une fille normale" (en langage des gens normaux).

Posté par Tristram Shandy, 21 septembre 2007 à 18:47

Ca dépend

Bah tu sais, il n'y a pas de monopole du féminisme à mon avis. Y'a une base minimale commune, qui serait, disons, qu'on est contre l'inégalité des hommes et des femmes, mais après, le comment, le pourquoi, etc, varie beaucoup selon les sensibilités. Et détrompe-toi, on ne pense pas toutes que les mecs sont des ennemis à abattre. Personnellement, je dirais plutôt qu'il faut essayer de travailler à changer les représentations, celles-ci étant présentes dans la têtes des hommes ET des femmes. Donc essayer de collaborer, je pense que c'est mieux!

Posté par Alexe Popova, 26 septembre 2007 à 01:15

Alexe Popova > Il n'y a pas de monopole du féminisme, certes. Mais ces derniers temps les féministes "réacs" sont devenues tellement majoritaires que les féministes libertaires hésitent à toujours se définir comme féministes, de peur d'être confondues avec "les autres". Voir par exemple Marcela Iacub, considérée comme une ennemie par 99 % des féministes, qui elle-même se considère plutôt comme anti-féministe, alors que son propos ne vise finalement qu'à une seule chose: l'émancipation de la femme...

Ensuite, je n'ai jamais dit que les féministes considéraient tous les hommes comme l'ennemi à abattre; seulement certains hommes, et certaines femmes, dont je me trouve faire partie, puisque je refuse de remettre en cause notre culture de la femme-objet. Voir par exemple la polémique sur les mannequins humains en vitrine des grands magasins à Noël il y a quelques années. La première année c'était des femmes, et les féministes ont ralé contre le machisme de la chose. L'année suivante c'était des hommes, et les féministes, plutôt que de crier victoire, ont à nouveau ralé, cette fois pour se plaindre de cette légitimation de l'exposition de l'année précédente !

Enfin, j'ai un gros problème avec ta phrase "il faut essayer de travailler à changer les représentations, celles-ci étant présentes dans la têtes des hommes ET des femmes". Je ne peux m'empêcher de penser qu'en français correct elle se traduit par "puisque les gens ne pensent pas comme moi il faut leur laver le cerveau". C'est exactement de genre de propos qui m'ont dégouté du féminisme, alors que j'y étais à la base plutôt favorable...

Posté par Tristram Shandy, 27 septembre 2007 à 11:48

Yep, tu as parfaitement raison pour les problèmes actuels du féminisme. Sache au passage que pour ma part j'aime beaucoup Iacub (je ne la suis pas sur tout, mais j'adhère à pas mal de choses). Et je confirme, ce n'est pas très bien vu dans certains milieux "orthodoxes" qui la considèrent comme anti-féministe. Maintenant, dans ce genre de situation, il y a deux options : soit tu laisses la dénomination "féministe" aux autres afin de bien te distinguer, soit tu essaies de faire accepter l'idée qu'il y a un pluralisme des pensées féministes...

Sur la question du corps-objet. Oui, je comprends, mais encore une fois ce n'est pas la position de tous les féminismes. Pour parler de moi (c'est encore le plus simple) : je ne partage pas, a priori, ta position, cependant je la considère comme féministe, puisque son but est une égalité hommes-femmes.

Sur le lavage de cerveau. Tu n'as peut-être pas tort dans le fond, mais n'est-ce pas le propre de toute entreprise visant à "changer" la société ? Cependant je voulais surtout mettre l'accent sur la collaboration (Vs lutte anti-hommes) et sur le fait que les femmes ont aussi du boulot à faire sur elles-mêmes, autant que les hommes, à mon avis.

Bref, tout ça pour dire que mon impression (personnelle) est que tu gardes un mauvais souvenir de certaines discussions féministes. Ce qui se comprend. Mais pour autant, est-ce une raison pour renoncer au féminisme ?

Posté par Alexe Popova, 27 septembre 2007 à 20:22

Alexe > A t'écouter, tout le monde est féministe ! La pluralité du féminisme, je veux bien, mais cela me dérange profondément d'utiliser le même mot pour désigner des projets souvent à l'opposé l'un de l'autre.
Que faire par exemple pour les projets de lois d'inspiration féministe ? Si une personnalité politique (au hasard, cette chère Ségolène...) décidait de proposer une loi interdisant de mettre des humains en vitrine pour faire plaisir à une des nombreuses associations qui harcèlent régulièrement le siège du PS, devrais-je applaudir des deux mains sous prétexte qu'elle comme moi prétendons défendre l'égalité homme-femme ?
Quant à Iacub, si ce n'est déjà fait je me doit de t'encourager à lire "Qu'avez-vous fait de la libération sexuelle", qui vient d'être réédité en poche. Pour que tu puisses m'expliquer comment une féministe peut considérer l'auteur de ce bouquin comme faisant partie des siens...

"Sur le lavage de cerveau (...) mais n'est-ce pas le propre de toute entreprise visant à "changer" la société ?" > Et bien, oui, c'est bien le problème. C'est bien pour ça que je considère qu'il ne faut pas chercher à changer la société, ce genre de comportement ne pouvant aboutir qu'à une dictature totalitaire... Qu'on le veuille ou non, il y aura toujours des machos misogynes dans notre monde. Les empêcher d'imposer leur vision inégalitaire aux autres, OK, pas de problème. Mais les priver de leur liberté d'opinion, non, ce serait renoncer à la démocratie et aux droits humains.

"les femmes ont aussi du boulot à faire sur elles-mêmes" > Idem. Cette manie de vouloir "sauver" les femmes contre leur propre gré est vraiment détestable. Pour donner un exemple extrême, j'avais une voisine qui se faisait régulièrement tabasser par son mari. Lorsque nous tentions de la persuader de le quitter, voire de porter plainte, elle refusait, avec ce seul argument: "Je l'aime". Alors, je suis le premier à trouver ça triste, affligeant, insupportable ou quoi que soit d'autre, mais je pense quand même qu'il faut respecter ce genre de décisions.

Posté par Tristram Shandy, 27 septembre 2007 à 21:47

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